https://letopo3d.fr/2025-modeles/2025-talmont.html?P=0
Autre relevé du même édifice : Talmont — le modèle relevé le 10 septembre 2023.
Plan de situation
Le modèle a été relevé le 27 septembre 2025 : il restitue l’église Sainte-Radegonde sur son éperon rocheux, telle qu’on la découvre depuis l’estuaire, à Talmont-sur-Gironde (17120) — l’un des « Plus Beaux Villages de France ».

Coordonnées : 45.53457 N — 0.90911 W. L’église occupe la pointe du promontoire qui domine l’estuaire d’une quinzaine de mètres ; elle est propriété de la commune.
Une église romane ancrée au-dessus des flots
- Talmont, ancienne bastide. Fondée en 1284 par le roi d’Angleterre et duc d’Aquitaine Édouard Ier, la petite cité fut une redoutable place forte dont il ne reste que quelques pans de remparts et la tour Blanche, à demi ruinée. Les rues se coupent à angle droit, bordées de maisons basses — pour limiter la prise au vent — blanchies à la chaux et couvertes de tuiles roses ; l’été, les roses trémières y mettent la couleur. Le port, où l’on pêchait autrefois l’esturgeon pour son caviar, vit aujourd’hui du maigre, de l’alose, de la lamproie et des pibales. Le village est une étape du sentier de grande randonnée GR 360.
- L’édifice. Bâti à partir du XIe siècle à l’initiative des bénédictins de l’abbaye de Saint-Jean-d’Angély, le sanctuaire est souvent considéré comme l’archétype du style roman saintongeais. Il aurait servi d’étape aux pèlerins de Saint-Jacques : après la via Turonensis jusqu’à Saintes, certains jacquets gagnaient Talmont pour embarquer vers la basilique de Soulac, sur l’autre rive de l’estuaire.
- La façade nord, sur trois registres verticaux, est la plus ornée : un portail à trois voussures flanqué de deux arcades, sept arcades à colonnettes à l’étage, un oculus dans le pignon. Les sculptures y font office de « Bible des illettrés » : sur la voussure supérieure des hommes tirent à la corde un animal prisonnier, sur celle du milieu des hommes sont portés les uns par les autres — une « échelle humaine », métaphore de la communauté chrétienne solidaire — et sur l’inférieure des anges honorent l’agneau pascal. Les deux arcades latérales figurent l’enfer et le paradis : dragons ailés à deux têtes d’un côté, pampres de vigne de l’autre.
- Le chevet est divisé en cinq registres par des contreforts-colonnes ; un cadran solaire gravé sur une colonnette de l’abside porte la date de 1586. À l’intérieur, sobre, l’édifice présente une nef d’une seule travée, un transept prolongé de deux absidioles, un avant-chœur de huit mètres et une abside de 4,80 m voûtée en cul-de-four, avec une coupole sur pendentifs à la croisée du transept.
- La tempête et la falaise. Ce n’est pas la guerre mais une violente tempête qui emporta l’assise de l’édifice : l’effondrement d’une partie de la falaise entraîna les deux premières travées de la nef et une partie de la crypte, que l’on remplaça par une façade occidentale de style gothique. En 1929, les travaux de restauration dégagèrent la crypte-ossuaire — une forme de navire de 9 mètres sur 4, aux dix faces dont quatre se trouvent à un mètre seulement de l’eau, posée sur un rocher de douze mètres ; des monnaies carolingiennes y furent trouvées. La coupole et la base du clocher furent remises en état en 1935.
- Le sauvetage. Dans l’après-guerre, l’érosion de la falaise semblait condamner l’église à l’effondrement. Elle doit son salut à André Malraux, alors ministre des affaires culturelles : la deuxième loi de programme portant remise en valeur du patrimoine monumental — dite « loi Malraux » — permit la consolidation de la falaise, préalable à une restauration en profondeur menée par l’architecte des monuments historiques Michel Mastorakis. L’écrivain Pierre-Henri Simon, originaire de la région, en a laissé cette image : « À la pointe du rocher, blessée mais immuable, les vents ne cessent de la frapper ; les jours de tempête, elle est enveloppée d’écume. Elle est vraiment la nef ancrée sur les flots. »
- Protection. L’église est classée monument historique par arrêté du 30 août 1890 (notice Mérimée PA00105279). Le cimetière marin qui l’entoure, envahi de passeroses et de fleurs sauvages, est bien visible sur le plan rapproché, au nord-ouest de l’église.
- Visite. Ouverte tous les jours en saison ; l’édifice relève de la paroisse Notre-Dame de l’Estuaire, à Cozes.
Carte interactive
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Pour en savoir plus
- Église Sainte-Radegonde de Talmont-sur-Gironde sur Wikipédia — histoire, description détaillée du décor sculpté, restauration.
- Talmont-sur-Gironde sur Wikipédia — la bastide, le port, les remparts.
- Notice Mérimée PA00105279 (POP, ministère de la Culture) — dossier de protection de 1890.
- Fiche Wikidata Q2335188 — identifiants et coordonnées.
- La visite virtuelle 360° de Talmont (19 et 20 juillet 2021) — quarante et une vues du port, du bourg et de l’église, à parcourir dans le navigateur.